es Québécois atteints de cette maladie ont maintenant accès à une panoplie de traitements, qui peuvent varier selon les antécédents médicaux et le stade du cancer.

« Les médicaments que nous utilisons aujourd’hui ont tous la capacité d’améliorer la qualité et l’espérance de vie des patients avec des cancers très avancés », déclare le Dr Fred Saad, chef du Service d’urologie et de l’Unité d’urologie oncologie du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Une nouvelle génération de traitements

Pour se développer, le cancer de la prostate a besoin d’androgène, une hormone masculine. L’hormonothérapie permet de réduire les interactions des androgènes, comme la testostérone, avec la maladie.

Au cours des quelques dernières années, trois nouveaux traitements ont été ajoutés à la liste de médicaments couverts par l’assurance maladie : une forme de radiothérapie intraveineuse qui attaque les métastases osseuses avec plus de précision et deux traitements hormonaux de deuxième génération ayant la capacité de mettre fin à la production de testostérone dans les cellules cancéreuses et de bloquer les récepteurs hormonaux.

« L’utilisation de ces nouveaux traitements qui ont été développés en 2004 nous a permis, en 2015, de doubler l’espérance moyenne de vie des patients, tout en améliorant leur qualité de vie », explique le Dr Saad.

Mieux cibler les métastases osseuses

La dégradation des os, qui était auparavant une conséquence inévitable de la métastase, peut désormais être évitée ou retardée grâce à l’évolution des traitements ciblés pour les os.

« La radiothérapie, c’est de la médecine nucléaire, explique le Dr Trung Nghia Nguyen, hémato-oncologue à l’Hôpital Charles-LeMoyne. Ce traitement cible les cellules cancéreuses dans les os et peut donner des résultats positifs. »

La précision de ce nouveau traitement ciblé pour les os diminue le risque de fractures et d’autres complications liées à la métastase osseuse, tout en atténuant la douleur.

Le nouveau traitement est administré par intraveineuse toutes les quatre semaines, pendant six mois.  Il partage certaines propriétés avec le calcium, ce qui augmente sa réception par les os, et il émet des radiations localisées qui n’affectent pas les cellules séparées du cancer. Les patients peuvent rentrer chez eux le même jour et les effets secondaires sont rares.

Développer l’approche personnalisée

Le Dr Nguyen explique que le cancer de la prostate est hétérogène. « Deux personnes avec le même cancer peuvent avoir des évolutions différentes de la maladie. » C’est pourquoi les recherches actuelles tentent d’identifier les facteurs héréditaires et environnementaux qui en sont responsables. Une compréhension accrue de cette maladie et de ses mutations pourrait permettre aux médecins d’identifier les meilleurs traitements avec plus de précision.

« Notre philosophie actuelle est d’essayer de personnaliser les traitements autant que possible, afin que les patients puissent vivre plus longtemps et bénéficier d’une meilleure qualité de vie », conclut le Dr Saad.